Reconfinement : peut-on malgré tout partir en week-end ou en vacances ?

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16 départements se confinent samedi et l'ensemble du territoire reste sous couvre-feu. Faut-il revoir ses plans ? Motifs impérieux, dérogation pour les billets de train ou d'avion, trajets en voiture... Ce qui change... ou pas.

Seize départements et 21 millions de Français basculent de nouveau en confinement 7 jours sur 7 à compter de samedi 20 mars et pour «au moins» quatre semaines. Ces mesures territorialisées, annoncées jeudi soir par le Premier ministre, placent sous cloche la totalité des départements d’Île-de-France (8) et des Hauts-de-France (5), une partie de la Normandie (Eure et Seine-Maritime) et les Alpes-Maritimes.

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Dans ces zones, de nouvelles restrictions comme la limitation des déplacements dans un rayon de 10 km -avec attestation- et l'interdiction de se déplacer entre régions s'ajoutent 7 jours sur 7 au couvre-feu. Celui-ci débutera désormais à 19 heures, pour s'achever à 6 heures du matin. Ce couvre-feu en place sur tout le territoire est toujours obligatoire sauf dérogations, pour lesquelles il faut là aussi fournir une attestation spécifique.

De quoi complexifier encore les déplacements de loisirs, à l'approche des beaux jours, propices aux départs en week-ends, mais aussi des vacances scolaires de printemps. Les quatre semaines de confinement courent jusqu'au 17 avril et, à cette date, débutent précisément les vacances scolaires en région parisienne (zone C). Mais les écoliers des académies de la zone A (Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers) auront démarré les leurs le 10 avril. Casse-tête des chassés-croisés en perspective.

Concernant les déplacements de loisirs (vacances, voyages, week-ends...) les questions sont donc nombreuses : peut-on prendre un train ou un avion pendant les heures de confinement et de couvre-feu ? Les motifs impérieux évoluent-ils ? Qu'en est-il des trajets en voiture ? On fait le point.

Peut-on se déplacer entre régions pour des motifs de loisirs ?

Si vous vivez dans l'un des 16 départements concernés par le confinement

Si vous avez prévu un week-end hors de votre région ou, plus simplement, à plus de 10 km de chez vous, il va falloir l'annuler ou le reporter. Jean Castex a précisé lors de son allocution jeudi que : « pour les départements en confinement, les déplacements interrégionaux sont interdits, sauf pour des motifs impérieux ou professionnels ».

Ces «motifs dérogatoires», qui «permettent de se déplacer pendant les horaires de couvre-feu et de confinement, sont listés sur les attestations disponibles sur le site du ministère de l'Intérieur », précise le ministère, contacté par Le Figaro. Outre les «motifs professionnels», «motifs familiaux impérieux», on y trouve aussi les «transits ferroviaires, aériens ou en bus pour des déplacements de longue distance». Est-ce à dire que vous pouvez prendre le train d'une zone confinée (Paris par exemple) pour vous rendre en week-end à Bordeaux ? A priori pas pour partir en week-end, si l'on suit la logique du Premier ministre et celle qui prévalait déjà dans les zones confinées comme Dunkerque. Mais la formulation reste imprécise. Sollicité par le Figaro, le ministère n'a pas encore répondu sur ce point.

Si vous vivez dans un autre département

Pour les déplacements entre les zones non concernées par le confinement, aucun changement : pas d'interdiction. Mais une recommandation à restreindre ses déplacements dans le but de limiter la propagation du Covid-19. « Les déplacements entre régions sont autorisés », précise toujours le site service-public.fr.

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Le billet de train, d'avion ou de bus vaut-il toujours dérogation ?

L'affaire se complique. Sur le principe, détenir un billet de train ou de bus et en détenir la preuve est un motif de dérogation. En zone confinée, il permet de circuler à la fois à plus de 10 km de son domicile (pour aller à la gare par exemple) et durant les horaires de couvre-feu (entre 19 h et 6 h du matin). Dans les zones non confinées, où la circulation n'est pas restreinte, le billet vaut dérogation pendant les horaires nationaux de couvre-feu.

Que disent les professionnels des transports ? La SNCF continue de l'indiquer sur son site : « En cas d'arrivée de votre train dans ce créneau, votre billet et votre attestation de déplacement dérogatoire peuvent être présentés. Dans les départements pour lesquels un confinement est en vigueur notamment le week-end, si votre train part ou arrive durant cette période, votre billet et votre attestation de déplacement servent également de justificatifs. Pensez à bien vous munir des deux en cas de contrôle ». À noter par ailleurs que les billets SNCF restent 100% remboursables jusqu'à 3 jours avant le départ, et ce jusqu'au 9 mai.

Même chose, pour les billets d'avion. Ils « valent toujours dérogation pour les déplacements de/vers les aéroports pendant les heures de couvre-feu ou de confinement », affirme la direction d'Air France. Et dans un communiqué, la compagnie aérienne indique que tous les vols prévus le week-end des 20 et 21 mars 2021 seront assurés normalement. Mais à ce stade, il est trop tôt pour évaluer l'impact de ces nouvelles mesures sur le programme de vols d'Air France à partir du 22 mars. Enfin, dans le cadre des mesures Air France Protect, tous les billets sont actuellement modifiables ou remboursables sans frais et sans justificatif, pour des voyages prévus avant le 31 décembre 2021.

En résumé, pour circuler les week-ends en cas de confinement (et après 19 heures en cas de couvre-feu), il faudra vous munir de votre billet de train ou d'avion, d'une part, mais également d'une attestation. Sur cette dernière, le motif de déplacement n°7 devra être coché. Ce dernier correspond aux « déplacements liés à des transits ferroviaires, aériens ou en bus pour des déplacements de longues distances ». Le non-respect de cette obligation reste passible d'amende (135 € pour la première infraction).

Mais le distinguo entre zones à partir du 20 mars appelle des questions assez subtiles, pour ne pas dire kafkaïennes.

Si vous vivez dans l'un des 16 départements concernés par le confinement

Si vous vous rendez à la gare à plus de 10 km de chez vous et à 20 heures pour prendre un train Paris (zone confinée) - Bordeaux (zone non confinée) et partir en week-end, vous sortez de votre région sans motif impérieux. Ce qui est en principe interdit pour les quatre prochaines semaines au moins. Question : le motif dérogatoire de l'attestation est il alors applicable en zone confinée ? A priori non, mais, sollicité par Le Figaro, le ministère n'a pas encore répondu précisément sur ce point.

Si vous vivez dans un autre département

Dans ces zones non confinées, se rendre à la gare ou à l'aéroport est possible, quelle que soit votre destination, en France ou à l'étranger. Si vous vous y rendez durant les horaires de couvre-feu, il faut vous munir de votre attestation et de la preuve de votre voyage.

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Quid des trajets en voiture ?

Contacté par Le Figaro, le ministère de l'Intérieur indique qu' « un trajet effectué en voiture pendant les heures de couvre-feu ou de confinement doit obligatoirement répondre à un des motifs dérogatoires de l'attestation ». Pour se déplacer en voiture, la consigne reste donc de s'organiser pour circuler librement pendant les horaires autorisés.

Avec une contrainte particulière dans les zones confinées : pas de déplacements supérieurs à 10 km et interdiction de se déplacer en dehors de sa région de résidence. Ce qui est logique.

Puis-je aller chercher quelqu'un à la gare ou à l'aéroport après 20 heures ?

Sur cette question, le ministère de l'Intérieur répond par l'affirmative. Pour les personnes venant chercher un proche à une gare ou à une aéroport, quelle que soit la zone, il suffit de se munir d'une attestation (cochée au motif n°7), ainsi que d'une copie du billet de la personne qui part ou revient de voyage.

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