Faire le tour d’Ouessant à pied, une randonnée mystique

Il y a 2 semaines 33

A peine débarqué au port du Stiff, à l’est de l’île, la météo bretonne joue la capricieuse. Un rayon de soleil a d’abord trompé les promeneurs en provenance de la « grande terre », à l’estomac noué par trois heures de traversée houleuse depuis Brest. Douchés par un rideau de pluie au niveau du phare du Stiff, perché sur ses falaises, les voilà maintenant en train de progresser péniblement sur le chemin côtier, courbés par des rafales de zef à leur faire regretter de ne pas avoir cousu du plomb dans l’ourlet de leur pantalon déperlant. Ouessant, petite terre confinée du monde, se mérite.

D’emblée, le paysage se révèle dans tous ses contrastes. Au nord de l’île, en forme de pince de crabe, ce sont des étendues rases et sèches, parsemées de ces œillets marins qu’on appelle aussi les arméries maritimes, d’ajoncs ou de bruyères aux couleurs flamboyantes. Le vent, qui ne cesse d’étreindre les randonneurs, provoque en chassant les nuages des ondes de lumière qui illuminent la lande. La côte est abrupte, déchiquetée. Près de la plage de Yuzin, des phoques gris se laissent malmener par les flots. Au large, aucune terre en vue, si ce n’est l’île de Keller et l’illusion de son château fort (une ancienne bergerie, en réalité). La peau salée par les embruns, le visiteur a la sensation, par jour de tempête, de se tenir sur une proue de navire. Le spectacle est assuré par la rage de l’océan au pied du phare du Créac’h, bardé de ses huit faisceaux lumineux.

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