En Allemagne, les inondations attirent du “tourisme de catastrophe”​

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Voyeurisme.
Le 18 juillet 2021, un homme pousse une brouette devant une maison détruite suite aux inondations et coulées provoquées par les intempéries dans l’ouest de l’Allemagne. PHOTO : CHRISTOF STACHE / AFP

“Beaucoup veulent aider, d’autres ne font que regarder.” Alors que l’aide afflue de toutes parts vers l’ouest de l’Allemagne après les intempéries et inondations massives survenues dans le pays, le Spiegel déplore que certains curieux viennent se distraire “sur la misère des autres”.

Les inondations dans l’ouest de l’Allemagne ont provoqué des dégâts humains et matériels inédits en près de soixante ans. Selon un bilan provisoire, 165 personnes ont perdu la vie. Des scènes de dévastation qui attisent la curiosité de touristes venus spécialement “pour l’occasion”, regrette un article du Spiegel. Et quand certains se contentent d’observer les dégâts bouche bée, d’autres osent des comportements moins décents, allant jusqu’à “bloquer des rues” pour faire une bonne photo (“katastrophenfotos”)

“Non, cette route est barrée, vous ne pouvez pas passer par ici” est une phrase que Frank Röttger – chef des opérations pour la mairie de Leichlingen, une ville située en Rhénanie-du-Nord – prononce plusieurs fois par jour depuis les inondations. Sur place, des maisons sont détruites et des routes entières sont fermées aux curieux, pour permettre l’accès aux services de secours et le déblayage. Mais devant ces barrages, des embouteillages de plusieurs centaines de mètres de long se forment, rapporte le quotidien allemand.

La “misère des autres”

Ces bouchons sont provoqués par des “touristes de catastrophe”“katastrophentouristen”, des “spectateurs qui veulent regarder la misère des autres”, déplore Frank Röttger. Voitures, motos et cyclistes sont rassemblés à proximité des cordons, sous le soleil estival laissé par les intempéries. Frank Röttger et ses collègues disent entendre des phrases pour le moins regrettables, certains souhaitant accéder “à la brocante”, en référence au mobilier exposé devant les maisons des sinistrés.

Des bénévoles comme Iris Ziebell et ses amies sont venues prêter main-forte. Un élan de solidarité terni par le comportement de ces curieux. Vendredi, un groupe s’est “installé sur le pont avec café et gâteaux pour observer comment les gens s’affairent”, raconte la jeune femme au Spiegel. Contempler plutôt qu’aider, impensable pour ces bénévoles.

Le plus énervant, ce sont les spectateurs qui passent et prennent des photos.”

Ces touristes sont devenus tellement gênants que dans les zones les plus durement touchées, la police a pris les devants, comme en Rhénanie-Palatinat où les autorités ont publié des messages sur Twitter pour dissuader toute forme d’excursion dans ces zones. Certains rôdent à la recherche du meilleur point de vue, rapporte Björn Herrmann, sapeur-pompier en service continu depuis mercredi soir : “Ils n’ont tout simplement pas honte.”

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