Vacances de février : annuler ou réserver, que faire sans ski alpin ?

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Le ski alpin ne sera pas au rendez-vous des vacances d'hiver, confirme le gouvernement. Raquettes, ski de fond... comme en fin d'année, les stations proposent des plans B pour profiter d'une neige qui n'en finit pas de tomber sur tous les massifs.

«Hélas, il n'y aura pas d'ouverture des remontées mécaniques le 1er février en raison de la situation sanitaire», a confirmé mercredi en fin d'après-midi, lors d'une conférence de presse, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État au Tourisme. «Et la perspective d'ouverture mi ou fin février apparaît hautement improbable. On s'oriente vers une saison blanche », a-t-il ajouté, douchant définitivement les derniers espoirs des skieurs et des professionnels de la montagne. Ceux-ci se voient mal ouvrir les pistes en mars ou avril, alors que le ski de printemps ne fait plus recette depuis longtemps. «Travailler sur une date d'ouverture, c'est fini, maintenant il faut travailler sur des mesures de soutien économique», a conclu Jean-Baptiste Lemoyne.

Alors, que peut-on faire en station si le ski alpin n'est pas possible ? À l'approche des vacances de février, «c'est la première interrogation des clients», nous ont répondu hier les offices de tourisme de quatre stations des Alpes, des Pyrénées, des Vosges et du Jura, radicalement différentes mais où le ski de descente est, en temps normal, l'attraction numéro 1. Ainsi à Gérardmer (Vosges), où le domaine nordique est pourtant trois fois plus vaste que le domaine alpin, « 80% des vacanciers viennent pour dévaler les pentes », précise Bruno Poizat, le directeur de l'office de tourisme. « Même s'ils varient les plaisirs en alternant les loisirs de neige, le ski alpin reste malgré tout l'activité principale en février », indique, pour sa part, l'office de tourisme de Métabief (Jura).

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Les skieurs qui avaient réservé vont-ils renoncer à venir à la montagne ? « Pour l'instant, nous n'avons enregistré aucune annulation», répondait hier Laurent Garcia, le directeur de l'office de tourisme de Loudenvielle-Peyragudes (Hautes-Pyrénées). En début de semaine, le planning des réservations pour février n'avait pas bougé depuis la fin octobre. Les gens attendaient. « Avant la décision gouvernementale de ne pas ouvrir les domaines skiables, nous étions à 60 % de remplissage moyen sur les quatre semaines de congés scolaires, poursuit Laurent Garcia. Maintenant, il y aura sûrement des annulations mais aussi, espérons-le, des réservations. Je table donc sur 70% de fréquentation grâce à une offre d'activités renforcée par rapport à celle de Noël ».

Il y aura sûrement des annulations mais aussi, espérons-le, des réservations. Je table donc sur 70% de fréquentation en février, grâce à une offre d'activités renforcée.

Laurent Garcia, directeur de l'office de tourisme de Loudenvielle-Peyragudes (Hautes-Pyrénées

Paysages de carte postale

Au sommet du domaine skiable de Métabief, panorama sur les Alpes et le Mont-Blanc. Métabief mont d'or@smmo

À Tignes (Savoie), en revanche, les annulations ont commencé lundi 18 janvier, suite à des articles de presse annonçant que les remontées mécaniques resteraient vraisemblablement fermées. À Gérardmer et Métabief, l'optimisme restait malgré tout de mise sur la fréquentation pendant les vacances. Hier, ces deux stations n'avaient, en effet, enregistré aucune annulation. La semaine du Nouvel An, elles avaient cartonné avec près de 100% de remplissage et, depuis les fêtes, les week-ends font le plein. Les raisons de ce succès ? L'enneigement exceptionnel des Vosges et du Jura cet hiver et la proximité de grandes villes, Nancy, Strasbourg, Luxembourg et même Paris pour Gérardmer, Besançon et Dijon pour Métabief.

« Le Jura enneigé, c'est la carte postale, s'enthousiasme Julien Vrignon, le directeur de l'office de tourisme du Haut-Doubs. Les gens viendront, ils ont envie de grand air et de beaux paysages et ils veulent profiter de la neige. Chaque fin de semaine, nous recevons beaucoup d'étudiants de Dijon et Besançon ».

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«Contrairement aux Alpes et aux Pyrénées , nos massifs peu enclavés sont faciles d'accès, analyse Bruno Poizat, à Gérardmer. Cet hiver, les paysages sont somptueux. En un peu plus d'une heure de route seulement, un Nancéen quitte la grisaille et arrive ici en Alaska ! Quant aux accros du grand ski alpin qui n'optent pas pour les Vosges habituellement, s'ils ont vraiment envie de blanc, ils seront moins frustrés de ne pas pouvoir chausser ici qu'à Val-d'Isère . Et pour peu qu'ils viennent en voiture, ils pourront se déplacer facilement, nous ne sommes pas en haute montagne, histoire de varier les sites d'activités et de découvrir la région ».

Donc, retour à la case départ, que pourra-t-on faire puisque les remontées mécaniques sont à l'arrêt ? Rodés pendant les vacances de fin d'année, les plans B sont fin prêts. En vedette, les sorties raquettes, possibles partout, suivies du ski nordique, du ski de randonnée et, pour les enfants, d'initiations au ski alpin dans les jardins des neiges équipées d'un tapis roulant. Voilà pour l'essentiel. Entrons maintenant dans le détail pour chacune des stations.

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Tignes (Savoie) : la multi-activité

Ambiance nordique à Tignes, lundi 18 janvier. Hugo Gabarit

« Même si les remontées mécaniques ne tournent pas, nous restons une destination de vacances », insiste Frédéric Porte, le directeur de Tignes Développement. La grande station sportive a donc mis les bouchées doubles pour occuper les vacanciers. À commencer par le ski de randonnée, accessible à tous les étages, Tignes-les-Brévières (1 500 m), Tignes 1800, Tignes-Le lac et Val-Claret (2 100 m ). Soit un total de 14 km d'itinéraires ascendants balisés en vert et en bleu, assortis, pour redescendre, de pistes dédiées vertes et bleues également, plus une rouge et une noire. Sympa.

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Le reste du temps se partagera entre les raquettes, sur ces mêmes itinéraires montants, autour du lac ou en le traversant, si la sécurité le permet ; un peu de ski nordique, autour du lac également ; de la luge et du snow tubing. Plus des sorties encadrées à motoneige et moon bike. Cette mini-motoneige électrique, donc silencieuse, est la nouveauté de l'hiver. Au chapitre glace : patinage et curling sur une petite piste spécialement aménagée plus, comme d'habitude, conduite sur glace sur le circuit des Brévières et plongée sous glace dans le lac. Enfin, pour prendre l'air à tous les sens du terme, on pourra s'envoler en ULM.

Loudenvielle-Peyragudes (Pyrénées) : ski de descente et remontée mécanique

C'est à peau de phoque ou en dameuse qu'on prendra de l'altitude à Peyragudes. OT Peyragudes

Non, vous ne rêvez pas. Il y a bien une remontée mécanique en service : la télécabine qui relie le village de Loudenvielle (900 m) à la station de Peyragudes (1 600 m). Un coup de chance ce récent « ascenseur valléen », inauguré l'été 2019 et considéré comme un moyen de transport au même titre qu'un bus et non comme un équipement de domaine skiable, même s'il en dessert un. Résultat : il a le droit de fonctionner, vu qu'aucune piste de ski ne plonge dans la vallée. On peut en revanche y redescendre, comme en été, à VTT ou trottinette de montagne, ou encore au guidon d'un fatbike, ce vélo tout-terrain à grosses roues spécialement inventé pour rouler sur la neige.

Les itinéraires raquettes et ski de randonnée seront plus nombreux qu'à Noël, une quinzaine en tout, les premiers balisés en haut, à Peyragudes et en bas, à Loudenvielle, notamment autour du lac. Quant au ski de rando, il trace sur le domaine skiable fermé. Déjà équipé de deux itinéraires de montée dédiés, celui-ci en offrira trois ou quatre de plus en février, préparés sur des pistes de ski fermées, le tout bien sûr avec descentes sécurisées.

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Alors, quid du ski alpin ? Patience, on y vient avec des initiations ski et snowboard pour tous sur un espace dédié, équipé d'un tapis roulant. Et surtout, cette initiative toute neuve, actée hier : montée en dameuse et descente à ski. «Un skieur ne pourra pas évidemment pas faire cela toute la journée car une dameuse ne peut embarquer que 18 personnes et, compte tenu de la distanciation obligatoire, il y aura moins de monde à bord, prévient Laurent Garcia. Le nombre d'élus, sur inscription payante, sera donc limité ». Mais c'est mieux que rien. Pour faire durer le plaisir, la descente, 600 m de dénivelée, sera encadrée par des pisteurs qui multiplieront les arrêts afin d'expliquer la neige, la vie des animaux de la montagne, etc.… Que les non-skieurs se rassurent, cette balade pédagogique en dameuse leur sera ouverte pour un aller-retour commenté.

Métabief (Jura) : glisse nordique et randonnée

Si vous n'avez jamais chaussé de skis nordiques, c'est l'hiver ou jamais. Fondeur dans l'âme, le Jura déroule des centaines de pistes de fond. Avec cette profusion de neige, tout est ouvert, parfaitement entretenu et balisé. Et les moniteurs sont fin prêts pour dispenser des cours de glisse en style skating et pas alternatif. Depuis deux ans toutefois, Métabief a souscrit à la mode du ski alpin de randonnée. Trois itinéraires ont donc été balisés pour monter à peau de phoque. Tracés dans la forêt, ils partent de la station (900 m) et arrivent au sommet du domaine skiable, 1 420 m, altitude modeste mais panorama gigantesque sur les Alpes françaises et suisses, du Mont-Blanc aux géants bernois.

Quant aux sentiers raquettes, ils sont légion sur ce territoire nordique. Ainsi chaussé, on peut même jouer les alpinistes en faisant l'ascension du sommet roi du Doubs : le mont d’Or culmine à 1 463 m au-dessus de Métabief, juste à côté du domaine skiable, il offre donc lui aussi une vue époustouflante. « En plus des sorties encadrées, nous espérons mettre en place des animations de plein air , ajoute Julien Vrignon. Et nous éditerons également un petit guide des restaurants qui font de la vente à emporter ». Bonne idée, les spécialités locales sont un régal.

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Gérardmer (Vosges) : à fond et à pied

Le lac de Gérardmer : 6 km à pied pour en faire le tour. Mathieu Bigard-Office de tourisme intercommunal des Hautes-Vosges.

La « perle des Vosges », dixit Abel Hugo (le frère de Victor) au XIXe siècle, est une jolie petite ville de 10 000 habitants, installée à 1 000 m, au bord d'un lac serti entre des montagnes tapissées de sapins. Son domaine nordique glisse sur 100 km, en liaison avec les stations voisines de Xonrupt et La Bresse-Hohneck. La région totalise également une centaine de kilomètres de sentiers raquettes, dont 40 km sur la commune de Gérardmer. Bref, il y a de quoi se refaire une santé.

Sauf que les raquettes sont prises d'assaut dans les magasins de sport. « Mieux vaut les réserver avant de venir, voire en louer ou en acheter chez soi », conseille Bruno Poizat. Mais si une simple marche d'oxygénation vous suffit, faites le tour du lac, 6 km tout de même sur une neige bien tassée, la balade est très fréquentée, donc pas besoin de raquettes, ouf, sauvés.

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Quant au ski de rando, attention. La coqueluche des itinéraires balisés et sécurisés n'ayant pas contaminé Gérardmer, il se pratique ici comme au bon vieux temps : hors-pistes, en poudreuse et descente itou. Cet hiver, les gens du coin s'y adonnent sur le domaine alpin fermé. Mais leur terrain de prédilection, ce sont les crêtes du Hohneck, un « ballon » (AOC des sommets vosgiens) de 1 363 m d'altitude seulement mais vue imprenable sur la fameuse ligne bleue des Vosges. Ambiance haute montagne garantie, donc risques d'avalanche à redouter. Si vous êtes bon skieur, pourquoi pas, mais partez avec un moniteur ou un guide, c'est plus prudent.

Enfin, une fois n'est pas coutume, offrez-vous en après-ski une séance de soldes, normalement impossible en station en haute saison d'hiver. Sauf à Gérardmer où le linge de maison est roi. L'occasion de refaire, non pas sa garde-robe mais sa collection de nappes, serviettes et torchons. Les deux premières vagues de vacanciers pourront en profiter jusqu'au mardi 16 février.

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