Restrictions sanitaires : à Roissy-Charles-de-Gaulle, des terminaux quasi déserts

Il y a 1 semaine 39

Quelques dizaines de voyageurs assis un siège sur deux dans les vastes allées des départs du terminal 2E. Aucune attente aux contrôles de sécurité au 2F. L'aéroport de Roissy Charles de Gaulle n'est plus une ruche. La crise sanitaire a mis un coup de frein à l'activité, justifiant notamment l'annonce, ce jeudi, de l'abandon du projet de quatrième terminal du plus gros aéroport d'Europe.

Les vols sont désormais concentrés sur seulement trois terminaux (le 2A, le 2E et le 2F). Tous les autres sont fermés. Au hall 2E, moins d'une dizaine de personnes attendent leurs proches. Car depuis douze jours, il faut un motif impérieux pour franchir les frontières extra-européennes. « J'ai dû remplir une vingtaine de papiers et donner la carte du médecin pour justifier mon problème familial », explique Alain, 53 ans, qui arrive tout juste de Mérida, au Mexique, où il est installé depuis 28 ans. Son vol Air France était quasi vide : « On était une quarantaine de passagers maximum. C'est la première fois que je vois ça. »

«Je vois un client toutes les dix ou quinze minutes»

Au fond du terminal, Souhaila a les mains posées sur le comptoir du McCafé. Elle attend le client. « J'ai tout rangé, tout nettoyé, je n'ai vraiment plus rien à faire, confie la jeune brune. C'est le plus important McCafé de France en termes de chiffre d'affaires. D'habitude, nous sommes deux à servir et il y a la queue. Aujourd'hui, je vois un client toutes les dix ou quinze minutes. »

Elle n'est pas la seule commerçante à constater que l'aérogare s'est vidée ces dix derniers jours. « Il y a deux semaines, on aurait fait 80 à 100 emballages à cette heure, relève Samira, qui travaille chez Safe Bag, une enseigne qui propose de protéger les valises avec un film plastique. Là, j'en ai fait moitié moins : une quarantaine. »

Un peu plus loin dans le hall, Shahul nettoie les vitrines qui protègent les délicats macarons Ladurée. Il s'apprête à fermer à l'issue d'une journée très calme. « J'ai attendu une heure et demie ce matin avant de voir mon premier client, se souvient l'homme, fataliste. Et c'était le salarié d'une compagnie. »

Bryan Marcos, assistant manageur au Starbucks du terminal 2F, voit passer les clients « au compte-gouttes »./ LP/Jean-Baptiste Quentin Bryan Marcos, assistant manageur au Starbucks du terminal 2F, voit passer les clients « au compte-gouttes »./ LP/Jean-Baptiste Quentin  

Le terminal 2F semble encore plus désert. « D'habitude, j'ai des files d'attente et là, je vois les clients au compte-gouttes », regrette également, seul derrière son comptoir Bryan Marcos, assistant manager chez Starbucks. Le chiffre d'affaires journalier de l'établissement a été divisé par deux depuis le confinement, par cinq depuis la fermeture des frontières et l'obligation de tests PCR pour l'espace Schengen.

Si le trafic de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle a chuté de -70,8 % en 2020 (22,3 millions de passagers), le fret, lui, se porte bien. « Les derniers chiffres ne sont pas finalisés mais nous allons finir 2020 avec autant, voire plus d'activité qu'en 2019 », se félicite Edouard Mathieu, directeur du développement chez Aéroports de Paris. Cela représente plus de 2 millions de tonnes de marchandises acheminées par avions-cargos mais également à bord de 5000 avions de ligne, convertis pour l'occasion en transports de fret.

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