Promenons-nous en écoutant

Il y a 1 semaine 42
Évasion.
Des passants à Lisbonne (Portugal), près de la Praça de Comércio, le 30 décembre 2020. Photo JORGE MANTILLA / NUR PHOTO / AFP.

Marcher, oui, mais en prêtant une attention particulière à notre environnement sonore, même en ville, telle est l’invitation d’une kyrielle d’applications et de projets collaboratifs depuis le début de la pandémie de Covid-19. Cette journaliste britannique installée à Lisbonne en a testé quelques-uns.

Dehors, devant la porte de chez moi, le premier son qui me frappe, c’est une moto qui fait rugir son moteur à quelques rues de là. Puis les hautes fréquences de bips tonitruants m’emplissent les oreilles, puis c’est le bruit de perçage des travaux sur la route, lequel est momentanément couvert par un bruissement délicat.

Je me mets à marcher pendant que mes oreilles repèrent toute une symphonie de sons : entrechoquement de plats, aboiements d’un chien, gazouillis d’oiseaux, conversation bruyante au téléphone. À un moment, chose étrange, je remarque le battement des ailes d’un pigeon qui manœuvre au-dessus de moi.

Je me trouve à Lisbonne par une après-midi ensoleillée, et j’effectue une “balade sonore” – une petite promenade quotidienne avec un élément d’écoute attentive. Je suis revenue aux bases et j’ai créé mon propre parcours après avoir fait récemment une visite guidée d’Arroios, le quartier de Lisbonne où je vis depuis un peu plus de deux ans et demi.h

Outre leurs bénéfices évidents pour la santé, ces promenades à l’écoute permettent de se sentir plus ancré et plus connecté à son environnement. Avec sa dimension méditative, la balade sonore présente des similitudes avec la pleine conscience – ces deux pratiques se concentrent sur le moment présent – et procure de l’apaisement pendant les temps difficiles.

Au commencement était l’écologie acoustique

Le concept de “balade sonore” a été mis sur pied au début des années 1970 par le World Soundscape Project (WSP, “Projet international sur l’environnement sonore”) de R. Murray Schafer, un groupe de recherche de Vancouver qui s’intéressait aux relations et aux interactions entre les êtres humains et les sons dans un environnement donné.

La compositrice canadienne Hildegard Westerkamp, qui est un membre important du WSP, décrivait la balade sonore comme “toute excursion ayant pour but principal d’écouter l’environnement”. Pionnière de l’écologie acoustique, la compositrice enregistre et traite des sons de l’environnement pour documenter les changements de celui-ci et en faire prendre conscience.

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April Clare Welsh

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