Pourquoi boire de l'alcool en avion est toujours une mauvaise idée

Il y a 1 semaine 35

En plein vol, hôtesses de l'air et steward vous proposent une boisson. Après réflexion, vous optez pour la mignonnette de whisky. Grossière erreur ! Décryptage avec un expert.

Angoissé à l'idée d'embarquer dans un vol long-courrier ou, au contraire, excité à la perspective de visiter la Guadeloupe en catamaran, vous vous accordez une coupe de champagne à bord. Seulement voilà : une coupette et vous voilà pompette. Comment l'expliquer ? Réponse avec Benoît Marsan, chercheur et formateur en chimie du vin à l'Université du Québec à Montréal, qui déconseille fortement cet épicurisme à bord.

À lire aussi :Six astuces pour bien dormir en avion

Le manque d'oxygène fait pénétrer l'alcool plus vite

Le professionnel avance plusieurs explications. Primo, l'altitude. Même si la cabine est pressurisée, lors d'un vol long-courrier, la pression est équivalente à celle subie à 2 400 m d'altitude. «Avec l'altitude, les pressions atmosphérique et en oxygène diminuent. Par conséquent, la quantité d'oxygène disponible est plus faible et le corps se retrouve exposé à un manque. Cela va donc laisser à l'alcool plus de place pour pénétrer dans le sang», expose le scientifique. «L'hypoxie a également un effet sur notre cerveau», complète-t-il. «En manque d'oxygène, les neurones fonctionnent moins bien et l'influx nerveux se propage plus difficilement». Les effets neurologiques de l'alcool sont donc augmentés et la sensation d'ivresse accentuée. «Ils peuvent être multipliés d'une fois et demie à trois fois par rapport à une consommation en bord de mer», selon la médecin Maryse Dupré, responsable des consultations d'hypoxie au CHU de Nantes, interrogée par Madame Figaro.

L'alcool aggrave la déshydratation

Deuxième raison pour laquelle il faut impérativement résister à ce verre de rosé à bord : la déshydratation. «L'air que l'on respire à l'intérieur de l'avion provient de l'extérieur. À haute altitude, il est froid et très sec», décrit Benoît Marsan. Ce qui a pour conséquence de déshydrater l'organisme. Tout comme l'alcool. Mauvaise combinaison donc. «De plus, la déshydratation augmente la quantité d'alcool qui pénètre dans notre sang», ajoute-t-il. Pour compenser, il faudrait à l'inverse «boire beaucoup d'eau» - au minimum 1,5 litre par vol selon lui. Gouttes pour les yeux, baume à lèvres et lotion hydratante pour la peau sont également à glisser dans son vanity de voyage.

À lire aussi :Masque, virucide, crème solaire green… Les indispensables à glisser dans sa valise

Éviter les bulles

L'alcool en avion, ce sera avec modération donc, et si possible sans bulles. Et pour cause, «les bulles sont créées avec du gaz carbonique qui dilate les vaisseaux sanguins du système digestif. Par conséquent : l'alcool est absorbé plus vite et l'ivresse atteinte plus rapidement». Les maux de tête dus à l'alcool également. Morale de l'histoire : on évite...


À VOIR AUSSI - La France a-t-elle un problème d'alcool? (15/01/2020)

Lire la Suite de l'Article