Mathieu Teissier, le pâtissier voyageur, n’oublie pas sa Normandie

Il y a 3 semaines 79

A 34 ans, les cinq continents ont livré à Mathieu Teissier beaucoup de leurs secrets, depuis qu'il a quitté son poste de directeur administratif et financier en 2013. « J'en avais marre d'avoir les yeux qui se croisent sur des fichiers Excel », explique-t-il par téléphone du Brésil, où il officie en ce moment. « Depuis des années, j'avais un lien très fort avec la cuisine. Ma grand-mère, originaire de l'île de la Réunion, nous réveillait toujours très tôt avec les effluves de ce qu'elle cuisinait. »

En 2013, il démissionne et intègre un cursus à l'école Ferrandi. Suivront plusieurs stages dans les cuisines de grands hôtels et restaurants parisiens, « un travail physique où il faut rester debout et ça m'allait très bien ! ». Mais dans les cuisines parisiennes en sous-sol, l'horizon est encore trop bouché alors que le jeune homme recherche la grande évasion. L'Australie et ses espaces infinis lui tendent les bras. Pendant un an, Mathieu Tessier y travaillera dans plusieurs établissements, tout en donnant des cours de confection de gâteaux et de tartes.

« Être français vous ouvre toutes les portes »

« C'est là-bas que j'ai commencé à revêtir cette casquette de pâtissier voyageur, se souvient-il. Être Français, c'est un passeport à vie qui vous ouvre toutes les portes des établissements à l'étranger ». Pour confectionner ses mets sucrés, il apprend à utiliser des ingrédients endémiques, comme la bush tomato, sorte de tomate cerise par l'aspect, au goût légèrement caramélisé.

Le retour en France, entre quatre murs, est difficile. Fasciné par l'Inde, « et désireux de partir à la conquête » d'une partie de ses racines, il entreprend un périple en stop et sans argent, traverse 14 pays grâce à l'aide d'automobilistes et de camionneurs, en se faisant employer comme pâtissier, notamment en Iran, pays qui laisse en lui une marque indélébile.

De l'Iran au Brésil en passant par l'Inde

« Une expérience très forte. Là où il y a de l'interdit, il y a de la transgression. Et les Iraniens sont si accueillants. Dans un village, deux personnes sont même entrées en conflit pour savoir qui allait m'inviter chez elles ! ». En Inde, il travaille pour une pâtisserie fournissant les cafés de la région du Ladakh, avant de revenir en France.

Vernon, où sa famille habite, reste son port d'attache. Là où il pose ses valises entre deux voyages. « Et en tant que pâtissier, je suis attaché aux produits du terroir normand, aux très bons cidres, aux pommes ». Mais l'appel du large est plus fort que les pommiers normands… En octobre 2019, il plie de nouveau bagage pour une traversée de l'Atlantique en bateau stop. Installé depuis au Brésil, il continue de vivre de ses pâtisseries… et de croquer la vie à pleines dents.

Instagram @lepatissiervoyageur

Lire la Suite de l'Article