L’Auvergne à l’heure bleue

Il y a 1 mois 74

«Je lui peindrai les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux…» Marielle Durand avait-elle en tête la mélodie de Christophe (et ces paroles quelque peu arrangées) lorsqu’elle a débuté Bleu d’Auvergne, superbe carnet de voyage consacré à la région ? Peut-être. En tout cas, la poésie est au rendez-vous de ce recueil né en août 2018 à la faveur d’une résidence d’artiste dans la petite commune rurale de Châteldon, dans le Puy-de-Dôme.

Le livre présente plus d’une centaine de dessins et d’esquisses avec en fil «rouge», ce bleu délicat, découvert au hasard d’un voyage et qui, au-delà du jeu de mots, irrigue tout l’ouvrage. Bleu translucide des eaux thermales, lavis et sfumato rappelant Léonard de Vinci et ses paysages toscans ; ombre, mousses et lumière ; peur bleue, bleu à l’âme ou, comme l’écrit Marielle Durand, cette «mystérieuse heure bleue que j’affectionne depuis toujours, l’azur, la matière pure…»

Inutile de dire que la promenade se transforme vite en journal intime, entre Gibas, Montferrand, Vichy ou Montpeyroux, privilégiant les paysages, la nature et les ruelles de village, pour installer cette ambiance bucolique et silencieuse propre à l’Auvergne.

Un travail sensible, d’autant plus remarquable que l’artiste, blessée à la main droite il y a trois ans alors qu’elle était aux Etats-Unis, a dû apprendre à peindre avec la main gauche.

Fabrice Drouzy

Marielle Durand Bleu d’Auvergne Editions Magellan et Cie, 144 pp., 22 €.

Lire la Suite de l'Article