Ils passent une nuit à flanc de falaise, à 400 mètres du sol !

Il y a 2 mois 70

Dormir comme un aigle, à flanc de falaise, avec 400 m de vide sous son sac de couchage. C'est le bivouac vertigineux que propose Philippe Halot, guide de haute montagne à Chamrousse (Isère). « On ne dort pas suspendu à une corde d'escalade mais allongé sur un portaledge, précise-t-il. Il s'agit d'une structure métallique avec un tissu extrêmement résistant. Le tout constitue une petite plateforme, fixée au rocher grâce à un système de sangles ».

L'expérience est en temps normal l'apanage de grimpeurs chevronnés se lançant dans des « big walls », des falaises si immenses qu'elles nécessitent plusieurs jours d'ascension. Elle est ici accessible au grand public, dans le massif Belledonne. Aucune escalade sportive n'est requise. Après avoir marché vingt minutes depuis la route, on arrive par un sentier en haut de la paroi, à 1800 m d'altitude. Puis on descend accroché sur une corde au fameux portaledge.

Marine et Gaël, un jeune couple, se sont lancés dans l'aventure. En arrivant le soir au bord du vide, le sourire de Gaël se crispe. « Je dois dompter ma peur. C'est impressionnant ! », s'exclame-t-il, un œil sur la vallée de la Romanche 1200 m en contrebas. « Il faut faire confiance aux coutures du portaledge… ». La plateforme est heureusement très robuste. On doit toutefois rester en permanence attaché à une corde, grâce à une longe reliée au baudrier, pour prévenir tout risque de chute depuis cet espace exigu.

Un panorama exceptionnel

Une fois installés dans leur sac de couchage, les deux tourtereaux profitent du panorama. « On a une vue imprenable sur les sommets. Ça vaut tous les palaces du monde. D'avoir tout ce vide en dessous, ça rajoute des frissons », s'enthousiasme Marine alors que le jour décline et que le ciel étoilé scintille au-dessus de sa tête, épargné par la pollution lumineuse de la ville.

« Cette falaise est très sauvage. On peut facilement voir des faucons pèlerins qui nichent à proximité. Quand des pierres débaroulent dans le ravin, c'est signe qu'on va voir des chamois et leurs petits. Et si vous êtes très, très chanceux, il n'est pas impossible d'apercevoir un loup qui rôde », énumère Philippe Halot.

Le lever du jour est autre un moment magique : « Etre réveillé par les premiers rayons du soleil qui illuminent les montagnes, c'est magnifique », s'émerveille Marine. En tout cas, il vaut mieux avoir les yeux bien ouverts si un aller-retour au petit coin s'impose. Gaël a pu dormir sur ses deux oreilles : « Une fois que j'ai fait abstraction du vide, j'ai dormi comme à la maison. C'était très confortable, on n'a pas eu froid ». L'épisode caniculaire rend en effet les températures douces à cette altitude.

« Le bivouac classique sur le plancher des vaches, on connaît déjà. On voulait ajouter des sensations fortes, on n'est pas déçu. Et on est déconnecté du sol, du téléphone. Tous les petits soucis s'envolent », savoure Marine.

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Si pour Marine et Gaël tout s'est bien passé, certains vacanciers peuvent renoncer au dernier moment. « La nuit précédente, un couple, qui pratique pourtant l'escalade en salle, a été tétanisé par le vide. Il a fini par dormir dans la forêt », rigole le guide, Philippe Halot, tout en assurant que la plupart des gens domptent leur vertige. Prix de cette nuit insolite pour deux personnes, 280 euros pour l'installation du portaldge et l'accompagnement du guide.

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