Hôtel Barrière Le Carl Gustaf, la nouvelle pépite de Saint-Barthélemy

Il y a 2 semaines 42

L'hôtel emblématique de Gustavia rouvre sous l'enseigne Barrière après une rénovation sans précédent. Visite en avant-première, avant l'annonce officielle de sa cinquième étoile.

8 heures. Comme chaque matin, le clocher de la petite église Notre-Dame-de-l'Assomption réveille Gustavia au son de l'angélus. Deux rues plus haut, les équipes du petit déjeuner du Barrière Le Carl Gustaf sont prêtes pour accueillir les premiers hôtes de la journée. Tel l'équipage d'un yacht, chacun s'affaire et connaît son rôle. Perché sur une colline à l'aplomb de Shell beach, la surprenante plage de coquillages roses, le tout nouveau fleuron du groupe Barrière est prêt à fendre les eaux sur Saint-Barthélemy, la perle des Caraïbes.

De l'ancien établissement existant au style colonial tout a été démoli ou presque, seule la structure a été gardée à l'identique. Et après cinq années de travaux, le passage de l'ouragan Irma en 2017 et malgré le confinement décidé la veille de l'inauguration (en mars dernier), l'hôtel Barrière Le Carl Gustaf est bien au rendez-vous. Il compte désormais 21 clés : des chambres, suites, lofts et villas d'exception essaimés dans une végétation tropicale où embaument les frangipaniers. Un écrin de verdure sur la ville pour se reposer à l'abri des regards et une plage de coquillages. Quoi de plus dépaysant ?

Un hôtel tel un bateau

L'hôtel Barrière Carl Gustaf, c'est une adresse unique. Un écrin de verdure sur la ville. Fabrice Rambert

Et pour séduire une clientèle exigeante, Dominique Desseigne, le président du groupe familial, a fait appel à Gilles & Boissier, le studio d'architecture intérieure parisien à qui l'on doit Le Mandarin Oriental à Marrakech ou l'hôtel Baccarat à New York. Afin de respecter les racines du lieu, les designers ont d'abord travaillé sur la façade, puis sur l'extension des terrasses et des varangues existantes. Le bâtiment principal a été voulu tel une grande maison élégante pourvue d'un espace central. « C'est la pièce de vie, la réception, le restaurant, un salon et un endroit pour prendre un verre le soir », explique Dorothée Boissier. « On a imaginé cet hôtel tel un bateau bercé par les alizés, avec ses îlets à perte de vue et le port de Gustavia ». À sa barre, Emmanuelle Cipriani. En parfaite maîtresse de maison, la directrice générale veille sur ses hôtes et s'enquiert auprès de chacun de la nuit passée et du programme du jour : pique-nique organisé sur une plage de rêve, soin au spa Diane Barrière et sa magnifique cabine double, ou encore promenade en catamaran à la découverte des tortues de mer… Ici le sur-mesure est le quotidien et tout est réalisable, ou presque.

Comme une petite maison coloniale sur les hauteurs de l'île. Fabrice Rambert

En contrebas, les villas-bungalows aux façades blanches, aux terrasses en bois et aux toitures rouges, architecture héritée de l'installation des Suédois sur l'île en 1785, se réveillent. Chacune a sa propre terrasse (à la vue époustouflante) et sa petite piscine privée. Comme sur un pont de bateau, on se laisse glisser dans les eaux cristallines de ce bassin. Dans les chambres, des teintes beiges rehaussées de couleurs où les claustras et persiennes laissent rentrer une douce lumière. Un décor voulu sans décorum (mais à l'installation high-tech dernier cri – y compris dans les salles de bains) où la place est donnée aux matières naturelles : marbre, teck, bois flotté, lin ou coton... Les adeptes du bling risqueront d'être déçus, nous sommes ici dans le luxe d'émotion.

Quant à la table, elle n'a pas été oubliée. Signée Pierre Gagnaire, la carte du restaurant Le Fouquet's propose un éventail de classiques français twistés de saveurs locales : carpaccio de wahoo, poisson de la pêche du jour servi entier en croûte de sel ou encore tarte au chocolat soufflée Caraïbes… Le chef triplement étoilé a aussi travaillé avec le chef exécutif Gil Dumoulin pour mettre à l'honneur l'art du service au guéridon. Le pari était osé, mais réussi. De quoi souffler un petit air des Champs-Élysées sous le soleil des Tropiques.

À quelques marches, au pied de l'hôtel, voici la surprenante Shell Beach. Avec son sable rose, ses rochers et sa multitude de petits coquillages, la plage de l'anse des Galets (son autre nom) accueille également un autre restaurant, le Shellona. Aux manettes, le chef grec Yiannis Kioroglou qui réalise tous les midis de surprenants ponts de saveurs entre Méditerranée et Caraïbes. De quoi profiter pleinement d'une magnifique journée de plage. Demandez à la conciergerie de vous réserver un transat et une table, l'adresse est déjà victime de son succès.

French touch à 7000 km de Paris

De la terrasse, on se laisse envoûter par la vue magique sur le port de Gustavia. Fabrice Rambert

Emmanuelle Cipriani souhaitait aussi un lieu ouvert aux habitants de l'île : « Je crois savoir qu'ils aimaient venir boire un verre au coucher de soleil, on aimerait retrouver cette habitude ». En ce jeudi de janvier, la visite imprévue d'inspecteurs pour le classement de la cinquième étoile a sérieusement modifié son agenda. Du miroir grossissant dans chaque chambre au personnel capable d'informer le client sur les différentes offres touristiques de l'île, pas moins de 241 points ont été contrôlés tout au long de la journée. Verdict après trois mois d'ouverture ? C'est gagné ! Alors à l'heure « gustavienne », place au répertoire de cocktails signé Emanuele Balestra, le mixologue du Majestic de Cannes. Le DJ joue ses premiers morceaux, les premiers hôtes de la soirée arrivent, le bar se remplit au moment où le soleil envoie ses derniers rayons sur la baie de Gustavia. D'aucuns parleraient de french touch, d'autres du charme discret de la bourgeoisie. C'est selon, mais c'est presque palace.

Hôtel Barrière Le Carl Gustaf, rue des Normands, Gustavia 97133, Saint-Barthélemy. Tél. : +590 590 29 79 00. À partir de 900 € la nuit.

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