Dès cet été, Transavia va multiplier les liaisons aériennes entre les régions françaises

Il y a 6 jours 33

La filiale low cost d'Air France reprend une à une les lignes intérieures vers et depuis Paris-Orly. Elle veut en profiter pour s'imposer en multipliant les lignes régionales, avec pas moins d'une quinzaine de nouvelles destinations. Brest, Rennes, Toulon, la Corse... État des lieux.

Transavia continue de récupérer les lignes aériennes intérieures anciennement exploitées par Air France. Après Orly/Biarritz début novembre, la compagnie low-cost opérera à partir de fin mars les liaisons vers Toulon et Brest depuis Paris-Orly. Toutefois, la reprise des lignes entre Orly et Montpellier ou Perpignan se fait attendre, faute d'un accord avec les collectivités locales et territoriales. Le sujet est sensible en Occitanie, la région est la plus éloignée de Paris en train, très dépendante de l'aérien.

En attendant la résolution du problème, Transavia lance son offensive sur les lignes transversales qui relient les régions françaises. Au départ de Montpellier, les deux lignes qui avaient été testées lors des fêtes de fin d'année vers Brest et Rennes sont dorénavant régulières. Au départ de Nantes, on ouvre une ligne vers Toulon.

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Mais c'est au départ de Brest que Transavia s'implante le plus fortement, en inaugurant des liaisons vers Nice, Marseille, Toulouse et Toulon, qui seront opérées dans un premier temps à raison de deux fois par semaine. «Nous serons en mesure d'augmenter la fréquence si la demande se confirme », affirme Nicolas Henin, le directeur commercial de Transavia. La compagnie garde aussi la Corse dans son viseur, où elle entend bien contrer les visées expansionnistes des low-costs étrangères. Ajaccio, Bastia et Calvi seront ainsi desservis depuis Nantes, Montpellier et Brest.

Par ailleurs, la compagnie se félicite de la meilleure rentabilité de ces lignes très court courrier, puisqu'un même avion peut y effectuer davantage de vols le même jour. La dernière née des low cost française tire ainsi profit de l'arrêt quasi total les opérations de Volotea, Ryanair ou easyJet et s'affirme ainsi comme une concurrente sérieuse. Dans son offensive, Transavia néglige cependant la région Grand Est où elle demeure absente.

Deux vols par semaine... pour commencer

Enfin, certains regrettent que Transavia n'ait programmé que deux vols par semaine au démarrage de ses nouvelles lignes. Mais c'est oublier que, dans la crise que connaît le secteur de l'aérien, la reprise obéit toujours à un même cycle - comme les observateurs l'ont noté après les attentats du 11 septembre 2001. Le trafic « VFR » (sigle anglo-saxon qui signifie « Visiting Friends and relative »), soit les visites aux parents et aux amis, reprend le premier, suivi dans un second temps du trafic loisirs pour de courts séjours. Deux segments de clientèle très sensibles aux prix. « Dès que la possibilité de voyager s'ouvre, la demande est là » poursuit le dirigeant de Transavia. Le trafic « voyage d'affaires », lui, ne reprend qu'en dernier. Une clientèle qui a besoin de plus de fréquence mais qui est moins regardante sur les prix.

Toute la problématique pour la compagnie nationale consiste dès lors à jouer la complémentarité entre les vols opérés par Air France et ceux effectués par Transavia. Aussi bien en termes de correspondance que de panachage : faire l'aller sur Transavia au départ d'Orly et le retour avec Air France vers Charles-de-Gaulle par exemple, parce que les horaires conviennent mieux. Seulement voilà : le diable est dans les détails, et cette complémentarité est extrêmement complexe à mettre en place.

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D'abord en raison des structures tarifaires très différentes des deux compagnies. Transavia vend uniquement des allers simples quand Air France privilégie les allers-retours. Depuis Biarritz par exemple, Transavia opère normalement trois vols par jour vers Orly contre deux vols pour Air France vers Charles-de-Gaulle. Cela fait cinq vols par jour. Une belle offre, à condition de pouvoir panacher les deux… ce qui est actuellement impossible. Et pour cause, les tarifs des allers simples d'Air France sont soumis à de telles restrictions et sont fixés à des prix tellement prohibitifs qu'on se demande si la compagnie nationale souhaite vraiment encourager les passagers à panacher l'une et l'autre compagnie.

Bagage cabine Air France 12kg, Transavia 10kg

Et puis, il y a le problème de l'harmonisation des normes de bagages, déjà évoqué ici, et sur lequel aucun effort n'a été réalisé. Pour rappel, Transavia autorise jusqu'à 10 kg pour un bagage en cabine tandis qu'Air France monte jusqu'à 12 kg. Idem pour les bagages de soute: 20 kg chez Transavia et 23 kg chez Air France. Ne serait-il pas possible que les deux compagnies se mettent d'accord pour avoir les mêmes standards?

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Et quid des passagers en correspondance ? Pour essayer de résoudre cette problématique, Transavia fait appel à un prestataire extérieur, nommé Dohop. « Dohop connect est la technologie et le service qui vous permet de trouver et de réserver des combinaisons de vols pratiques et économiques pour votre voyage avec correspondance autonome », explique Transavia.

Pour évaluer ce nouveau service, nous avons voulu savoir quelle combinaison nous proposait le site de Transavia au départ de Biarritz à destination de Saint-Denis-de-la-Réunion. Résultat, le site vous propose des vols mais avec… 20 heures d'attente à Orly, sans jamais inclure l'escale à Charles de Gaulle avec Air France, qui représente pourtant la solution la plus simple. En effet, en faisant la même recherche sur Air France aux mêmes dates, le prix est 20 % inférieur et le temps de parcours raccourci de 15 heures.

En conclusion, la bonne solution si vous devez prendre un vol avec correspondance est de faire votre recherche sur le site airfrance.fr et non sur le site transavia.com, les propositions y seront beaucoup plus pertinentes et vous serez pris en charge de bout en bout.

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