Crise sanitaire : comment Air France fait face

Il y a 1 semaine 34

Ce n'est pas un crash mais un décrochage sévère. Air France a vu son activité et ses recettes s'effondrer avec la pandémie. En janvier, le champion tricolore de l'aérien affichait 45 % de son programme de vol. Depuis février et les nouvelles restrictions, le chiffre est tombé à 40 %. L'Afrique et les outremers, deux zones qui avaient bien résisté grâce aux visites familiales et au tourisme, ont flanché à leur tour. Le « motif impérieux » a fait fondre le trafic.

Résultat ? Moins de vols, et moins de passagers dans les avions qui sont en l'air. Le taux de remplissage — non communiqué — est faible, et par ricochet les recettes sont mauvaises. La compagnie s'enorgueillit de « continuer à desservir 80 % de son panel de destinations », mais elle ajuste son programme de vols chaque semaine. Tous les appareils qui volent sont rentables, mais beaucoup grâce au fret en soutes.

«Dix millions d'euros sont brûlés chaque jour»

Côté effectifs aussi, Air France se serre la ceinture. L'entreprise prévoit 7 500 suppressions de postes d'ici fin 2022 sur l'ensemble du groupe, par départs naturels non remplacés et dispositifs de départs volontaires.

Moins de masse salariale, mais le trou de la dette est déjà creusé. Celle du groupe s'élevait à 9,3 milliards d'euros fin septembre. L'Etat a volé à son secours, avec le versement d'un prêt garanti record, d'un montant de 7 milliards d'euros. Une perfusion d'argent frais, mais l'hémorragie n'est pas jugulée. « Dix millions d'euros sont brûlés chaque jour, liés à des coûts incompressibles », soupire un cadre, alors que le groupe présentera ses résultats le 18 février.

La prochaine étape décisive est celle de la recapitalisation. La négociation progresse entre Bruxelles, Paris et Amsterdam. Mais la Commission a exigé qu'Air France cède de nombreux créneaux de décollage et d'atterrissage dans les aéroports français en échange de nouvelles aides publiques… Ceux d'Orly, notamment, sont très convoités car leur nombre est plafonné.

L'avenir du champion national semble bien sombre, d'autant que des changements profonds sont en cours. Ce jeudi, Barbara Pompili a annoncé l'annulation du projet de quatrième terminal (T4) à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Plusieurs vols intérieurs n'ont pas repris depuis le premier confinement

Celui-ci ne correspond plus « aux exigences d'un secteur en pleine mutation, tourné vers l'avion vert de demain », a fait valoir la ministre de la Transition écologique dans une interview au Monde. Parallèlement, le projet de loi climat prévoit de supprimer les liaisons réalisables en train en moins de 2h30. D'ores et déjà, les vols d'Air France Orly-Nantes, Orly-Bordeaux et Orly-Lyon n'ont pas repris depuis le premier confinement.

Air France voit-elle son horizon bouché ? Non, rétorque l'entreprise. La plupart des compagnies, d'ailleurs, n'avait pas d'attentes sur le projet T4, mais plutôt sur une modernisation des conditions d'accueil des clients. La loi climat, de son côté, aura un impact limité. Le texte exclut les lignes comme Paris-Nice, Paris-Marseille ou Paris-Toulouse, ainsi que tous les vols en correspondances vers des vols internationaux.

Newsletter

Ça me rapporte

La newsletter qui améliore votre pouvoir d’achat

Bref, Air France croit en son avenir. En témoigne le très bon taux de remplissage des avions cet été et à Noël, quand les restrictions ont été levées. L'entreprise a d'ailleurs maintenu ses investissements dans le renouvellement de sa flotte.

Lire la Suite de l'Article